Un changement majeur est en train de se produire dans le monde des véhicules électriques, selon des rapports récents. Les rumeurs circulaient autour d'un partenariat potentiel entre Xiaomi et Ford, mais Reuters affirme que le constructeur automobile américain est en fait en pourparlers approfondis avec le géant automobile chinois Geely au sujet d'une nouvelle collaboration.
Les deux sociétés se sont rencontrées la semaine dernière dans le Michigan pour discuter d’un accord qui pourrait changer la manière dont les véhicules électriques sont fabriqués et vendus en Europe. Ford a même envoyé une équipe en Chine cette semaine pour poursuivre la conversation. Aucune des deux sociétés n'a encore fait d'annonce officielle, mais les experts affirment que ces discussions durent depuis des mois.

La partie principale de l'accord implique que Geely utilise l'espace de l'usine Ford en Europe pour construire ses propres véhicules. Cela aiderait les deux parties à résoudre de gros problèmes. Ford est aux prises avec des coûts élevés et dispose d'espace supplémentaire dans ses usines. En laissant Geely utiliser cet espace, Ford peut maintenir ses usines en activité et protéger les emplois. Pour Geely, construire des voitures en Europe est un moyen intelligent d’éviter les droits de douane à l’importation.
L’Union européenne impose actuellement une lourde taxe sur les voitures électriques importées de Chine. Pour Geely, cette taxe est généralement de 18,8 % en plus des frais standard de 10 %. En fabriquant des voitures dans une usine Ford, Geely peut éviter ces coûts supplémentaires et vendre ses véhicules électriques à moindre coût.

On ne sait pas encore avec certitude quelle usine Geely utilisera, mais il existe quelques choix probables. L'usine Ford de Valence, en Espagne, est souvent mentionnée comme la meilleure candidate. Cette usine est immense et dispose des outils nécessaires à l’assemblage de véhicules modernes. D'autres options incluent l'usine de Cologne, en Allemagne, ou le site de Saarlouis, en Allemagne.
L'usine de Cologne a déjà réduit son horaire de travail le mois dernier, et l'utilisation de cet espace supplémentaire pour les modèles Geely aiderait Ford à mieux gérer son budget. Les deux sociétés souhaitent réduire leurs coûts de fabrication pour rester compétitives alors que de plus en plus de personnes se tournent vers les voitures électriques.

Cet accord ne concerne pas seulement la surface au sol. En échange de l'utilisation des usines, Geely donnera à Ford l'accès à sa dernière technologie de conduite autonome. Geely possède une société technologique appelée Afari Technology, qui vient de lancer un système appelé G-ASD. Ce système utilise un « Modèle d'action mondial » ou WAM.
Le WAM peut « penser » et apprendre de ce qu'il voit sur la route. Les voitures utilisant cette technologie peuvent traverser elles-mêmes des endroits difficiles comme des parkings à plusieurs étages et des ronds-points très fréquentés. Il peut même reconnaître seul les barrières des péages autoroutiers ou des parkings. Le PDG de Ford, Jim Farley, a déjà fait l'éloge des véhicules électriques chinois, admettant que les marques occidentales ont beaucoup de retard à rattraper dans ce domaine.

L'architecture G‑ASD est déjà déployée dans des modèles tels que Lynk & Co et Zeekr. Il gère pratiquement tous les systèmes du véhicule, de la transmission et du freinage aux écrans d'infodivertissement intérieurs. En exploitant la plateforme de Geely, Ford pourrait rapidement équiper ses prochains modèles électriques de fonctionnalités avancées, évitant ainsi un long processus de développement en interne.
Ces types de collaborations sont de plus en plus courants. Geely s'associe déjà à Mercedes‑Benz pour gérer la marque Smart et a des projets à venir avec Renault. Pour Ford, l’alliance constitue une voie de retour dans l’arène compétitive, tandis que pour Geely, elle marque une étape importante vers la reconnaissance d’un nom dans toute l’Europe.