Qui se souvient de la Nissan Pixo originale ? En 2009, elle est arrivée sous la forme d'une Suzuki Alto rebadgée et assemblée à Delhi : une boîte bon marché et simple, propulsée par un moteur trois cylindres de 1,0 litre. Il s'agissait d'un transport dans son sens le plus pur et le moins romantique : un appareil conçu pour amener les navetteurs soucieux de leur budget d'un point A à un point B sans vider leur portefeuille. Treize ans après sa disparition des parvis européens, Nissan a dépoussiéré la plaque signalétique et l'a fixée sur quelque chose de plus pertinent : une berline à hayon entièrement électrique du segment A.
Laissons de côté le marketing « L'intelligence de la mobilité pour la vie quotidienne ». Le secret de polichinelle est que le nouveau PIXO est jumelé à la Renault Twingo électrique, sortant exactement des mêmes chaînes d'assemblage de l'usine Renault Revoz de Novo Mesto, en Slovénie. Et c’est la meilleure nouvelle que nous ayons entendue toute l’année. Au lieu d'investir des milliards dans des planchers exclusifs sur mesure, Nissan s'est appuyé sur l'Alliance, empruntant l'architecture électrique ultra-compacte de Renault, puis a donné à la nouvelle voiture une identité japonaise distincte.

Le studio de style de Nissan a repris les courbes rétro-grenouille de la Twingo et les a affûtées avec un style de jeu vidéo trapu. L'avant abandonne les fausses calandres au profit d'un pare-chocs en forme de dalle, encadré par des phares à LED carrés avec des graphismes pixelisés nets qui semblent tout droit sortis d'un jeu 8 bits. À l’arrière, vous obtenez un hayon épuré, de nouveaux groupes lumineux faisant subtilement un clin d’œil à la Micra de génération K12 et un insigne Pixo original estampé autour de la serre. Il cache même 23 œufs de Pâques ludiques disséminés dans l'habitacle et la carrosserie - un jeu de mots astucieux sur "ni" (deux) et "san" (trois) en japonais.
Sous la carrosserie géniale se trouve un groupe motopropulseur modeste conçu spécifiquement pour l’agilité urbaine. Un moteur électrique à l’avant délivrant 60 kW (81 ch) et 175 Nm de couple instantané. Non, il n'y aura pas de course aux feux de circulation, mais avec un sprint percutant de 0 à 100 km/h réalisé en 12,1 secondes environ, il possède toute la puissance nécessaire pour plonger dans les ronds-points et les écarts serrés dans la circulation matinale. Avec un poids à vide oscillant autour de 1 285 kg, vous n’aurez pas l’impression de conduire un réservoir électrique gonflé. Mieux encore, le système e-Pedal standard de Nissan apporte une véritable conduite à une seule pédale à la classe des bébés, vous permettant de moduler le freinage par récupération en douceur dans la circulation avec arrêts et départs sans danser sur les pédales.

Le PIXO est le premier Nissan européen à adopter un pack Lithium Fer Phosphate (LFP) de 27,5 kWh. La chimie LFP est moins chère à produire et tolère des cycles de charge réguliers à 100 % sans trop de dégradation. Nissan revendique une autonomie WLTP allant jusqu'à 259 km, ce qui se traduit par des cycles de service urbains et suburbains réalistes de bien plus d'une semaine entre les recharges pour le navetteur moyen. Lorsque vous avez besoin de le brancher, la charge rapide standard de 50 kW CC fait passer le pack de 15 % à 80 % en 28 minutes environ. Le chargeur embarqué standard de 11 kW CA prend en charge les tâches domestiques : il peut recharger une batterie vide en environ deux heures et demie, avec une capacité V2L bidirectionnelle.
La plus petite Nissan électrique mesure 3 796 mm de long, 1 790 mm de large et 1 512 mm de haut, avec un empattement de 2 492 mm et un petit cercle de braquage de 9,9 m. Cela le rend un peu plus long que le jumeau Renault Twingo (3 789 mm), mais bien plus compact que le gros Inster de Hyundai (3 825 mm). La Dacia Spring, axée sur le budget, est légèrement plus étroite et plus courte, avec une longueur de 3 701 mm et une largeur de 1 583 mm. Avec 356 l d'espace de coffre avec les sièges arrière relevés (y compris 50 l d'espace de rangement dédié aux câbles sous le plancher) et 1 221 l une fois replié à plat, le PIXO avale plus de chargement de week-end que les voitures d'une classe complète au-dessus.
À l’intérieur, le PIXO dépasse largement son poids d’entrée de gamme en empruntant l’écosystème d’infodivertissement intégré de Google et en intégrant l’assistant Gemini dans l’écran tactile de 10 pouces. Avoir une IA native à commande vocale pour gérer les calculs d'itinéraire, vérifier la disponibilité du chargeur en temps réel et répondre aux requêtes quotidiennes sans jouer avec des menus encombrants est une bouffée d'air frais pour un runabout du segment A. Il existe même une reconnaissance faciale qui identifie le conducteur et rappelle automatiquement les préréglages des rétroviseurs, les paramètres de climatisation et les configurations d'infodivertissement.
Depuis que la pionnière Leaf a introduit la propulsion électrique au grand public en 2010, Nissan a eu du mal à maintenir sa dynamique initiale en matière de véhicules électriques en Europe, regardant ses concurrents inonder le marché de crossovers moins chers et plus flashy. Créer PIXO en tant que passerelle urbaine abordable, plus petite que la Micra EV basée sur Renault 5, en fait un tremplin important. En s'associant à Renault en Slovénie, Nissan évite les lourds tarifs imposés aux petites voitures de fabrication chinoise comme la BYD Dolphin Surf.

Bien entendu, le principal problème est le coût. Le tarif officiel et les bons de commande ne seront disponibles qu'en décembre, mais les projections indiquent un prix d'entrée inférieur à 20 000 €. Aujourd’hui, même les superminis de base approchent les 30 000 €. Il est donc essentiel de disposer d’une véritable citadine électrique élégante, offrant une recharge rapide et une autonomie pratique dans le monde réel à ce prix. Il élimine l’excès des hyper‑SUV de 600 chevaux et offre aux navetteurs quotidiens exactement ce dont ils ont besoin : un véhicule agile et abordable qui transforme les courses urbaines ennuyeuses en sprints sans effort et sans émissions.
Le PIXO relancé met fièrement en valeur son héritage mécanique français, tout en insufflant une touche japonaise ludique dont les rues des villes européennes ont envie. Si Nissan parvient à honorer son engagement en matière de prix lorsque les ventes débuteront début 2027, cette berline au style pixelisé a de fortes chances de devenir la référence en matière de motorisation électrique honnête et abordable.